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Déc 04

Compte-rendu de la rencontre entre M. Romainville, F. Paternotte (présidente de la FRPGL) et C. Verly (présidente de l’ACFLA) du 30 novembre 2016

Le tronc commun commencerait à être appliqué à la rentrée 2019 dans le maternel et concernerait donc (logiquement) le secondaire à partir de 2025.

 

Deux versions sont possibles à ce futur tronc commun :

  • version dogmatique : tous les cours seront communs de 12 à 15 ans
  • version souple : certaines activités pourraient être au choix (très peu d’heures par semaine) à partir de la 2e ou de la 3e année du secondaire.

Les idées ne semblent pas encore claires, les partisans des deux versions discutent encore, les débats ne sont pas clos.

 

En ce qui concerne le latin : 3 possibilités :

 

  • Soit le latin est inclus dans le tronc commun, mais à raison de deux heures/semaine maximum (néanmoins la meilleure solution pour assurer le maintien du latin selon M. Romainville), ce qui impliquerait qu’il ne s’agirait plus d’une option et que TOUS les élèves suivraient le cours ;
  • Soit le latin n’est pas inclus dans la formation commune :

–  il serait alors considéré comme une activité de dépassement pour les élèves maîtrisant déjà l’essentiel des compétences de base, liées au domaine 1, c’est-à-dire l’enseignement des langues (ce qui impliquerait l’idée d’ « atelier », lequel cas, il serait impossible de garantir que les élèves en fassent tout au long de l’année scolaire pendant les trois années.

– Il deviendrait une « spécialité » et ne serait alors enseigné qu’à partir du degré supérieur de l’enseignement.

 

Les deux dernières options sont moins favorables car elles fragilisent la position du latin qui pourrait ainsi facilement être remise en question par la suite. Aucune décision n’a encore été prise à ce sujet au sein du GT1 dont les participants sont divisés sur la valeur à attribuer au cours de latin : est-il réellement vecteur d’élitisme ou non ? M. Romainville a signalé que M. Danau, inspecteur adjoint pour l’enseignement de la ville de Bruxelles avait défendu ardemment la cause des langues anciennes dans la discussion.

 

  1. Romainville a également évoqué la possibilité (encore une fois, tout est incertain et hypothétique pour l’instant) d’ajout d’ « activités d’orientation » dès la 3e secondaire, avec la possibilité d’ajouter deux heures de latin pour les élèves qui le souhaiteraient aux deux heures imposées par le tronc commun, ce qui ferait 4h de latin/semaine. Il a également évoqué la possibilité de faire entrer le grec dans cette liste d’ « activités d’orientation » à raison de deux heures semaines. En 3e, on pourrait alors avoir le schéma suivant dans l’idéal:
  • tous les élèves auraient deux heures de latin
  • certains pourraient avoir 2h obligatoires + 2 heures d’activité = 4H/semaine
  • d’autres élèves pourraient avoir 2H latin obligatoire + 2 heures activité grec

 

En résumé, dans le meilleur des cas, le latin ferait partie du tronc commun à raison de deux heures par semaine en première et en deuxième ; en troisième année, il pourrait bénéficier de deux heures supplémentaires (4h/semaine) rendant alors impossible la présence du grec.

 

Nous avons vraiment essayé de défendre la question du latin 4H/semaine mais :

1) il est évident qu’on nous imposera de choisir parmi les trois possibilités évoquées ci-dessus.

2) les participants au GT1 concernant le tronc commun souhaitent ajouter d’autres cours dans la formation commune : plus d’éducation physique, initiation à l’art etc., ce qui implique qu’il n’y aura probablement pas que les cours de langues anciennes qui perdront en volume horaire/semaine. Quand M. Romainville a évoqué cela, il nous a semblé surréaliste d’exiger un cours de latin à 4h/semaine, sans compter que l’ensemble des activités d’orientation ne devrait pas comporter plus de 2h/semaine.

 

Entre notre rencontre avec M. Romainville et la rédaction de ce compte-rendu, La Libre Belgique a divulgué les grandes lignes de l’AVIS n°3 du Pacte, qui envisage le latin inclus dans le tronc commun, c’est-à-dire la meilleure solution à nos yeux, tant pour l’emploi des professeurs de langues anciennes que pour le maintien de l’enseignement du latin dans le secondaire. Nous tenons néanmoins à rappeler qu’il ne s’agit que d’un AVIS, que le GT1 ne rendra ses conclusions définitives qu’en février 2017, qu’après cela, les objectifs et la mise en pratique du pacte devront encore être discutés et votés au parlement avant la publication d’un éventuel décret. Rien n’est donc encore fait et M. Romainville semblait beaucoup moins affirmatif que les journalistes. Nous nous devons donc de rester attentifs aux prises de décision qui vont se faire dans les prochains mois et ne pas tenir l’inclusion du latin dans le tronc commun comme quelque chose d’acquis et de définitif. Rien n’est encore joué ! La FRPGL et l’ACFLA, en la personne de leurs présidentes respectives, continueront donc de rencontrer un maximum de représentants des différentes instances qui travaillent à tous les niveaux sur le pacte et en particulier sur le tronc commun (GT1).